23 janvier 2013

CHAMPIONNATS FRANCOPHONES CADETS - SCOLAIRES

Retour de la piste en salle de Gand - Samedi 19/01 21h - Le mot du coach

Aujourd'hui mes petits gars m'ont fait rêver.

D'habitude c'est moi qui m'efforce de pousser leur imagination. C'est moi qui tente de leur communiquer l'enthousiasme, la ferveur et la motivation qu'ils m'inspirent, sans s'en douter. C'est moi qui leur explique comme je peux la pensée à long terme, la patience, la construction de soi, et en même temps la force du moment présent, l'importance de l'instinct de l'instant, la beauté de leur jeunesse qu'ils peuvent éprouver ensemble.

Mais là, sincèrement, c'est eux qui m'ont fait rêver.

A l'heure du rendez-vous pour filer vers Gand et les championnats francophones cadets et scolaires, deux grandes voitures pleines à craquer ont déboulé dans ma rue. Sept jeunes excités comme des puces claquaient déjà les portes au moment où j'ouvris celle de ma maison. Les filles étaient belles et souriantes, rongées par le stress. Les filles, peu nombreuses mais si charismatiques, toutes les trois! Même si le dernier membre du trio a du déclarer forfait ce jour, accablée par la grippe saisonnière et le chagrin de rester à demeure pendant que ses potes courent et malgré sa place parmi les favorites du 400m. Les filles, angoissées de leur chance de médaille, mais souriantes, car juste derrière elles sautillent quatre guais lurons déchaînés et hilares, portant à bout de bras un écriteau de fortune, une plaque en bois en construction sur laquelle j'ai pu directement distinguer le mot "WAREMME TEAM", avec autant de couleur qu'il y a de lettres. Et déjà le boucan qui va avec... Des garçons, à l'inverse, déstressés, donc, et terriblement énergiques.

Et puis une fois sur place, ils l'ont brandie leur pancarte identitaire. Et en chantant monsieur! Et chacun l'a signée, et chacun l'a portée, et chacun a tenté de l'accrocher sur la balustrade juste devant l'arrivée, comme s'ils voulaient que TOUS CEUX qui franchiraient la ligne aujourd'hui ressentent leur exaltation, leur camaraderie, leur authenticité. Pas de suprématie, pas d'écrasement. Du partage. Voilà la première chose que mes gars m'ont montré ce samedi, couplée à leur originalité.

DSC_7444.JPG

DSC_7455.JPG

Ces gars que j'entraine depuis longtemps maintenant, pour la plupart. Ces ados pour qui j'ai rêvé de médailles et de records. Même quand ils tâtaient les 3'40 sur 1000m ou les 1m10 en hauteur! Ces ados et tous les autres du groupe, qui m'ont offert des moments de bonheur intense, chacun à leur niveau, chacun à leur manière!

Il y a quatre ans, hauts comme trois pommes, finalement, ils étaient pareils. Ils chahutaient, criaient, riaient, et couraient déjà vite. Surtout quand je les pourchassais pour les sermonner suite à leurs conneries. Sauf que depuis lors, ils ont pu démontrer maintes fois leur valeur, en excellant dans une montagne de courses. En somme, les ambitions ont évolué, mais l'esprit reste le même, et la méthode aussi, sensiblement.

Et ce que ma petite troupe m'a rappelé, à coup d'encouragements, de plaisanteries, de témérité, de chants créatifs, de couleurs dans les lettres et de regards discrets sur la ligne de départ...c'est qu'on est venu là pour courir. Pas pour obtenir des médailles. Pas pour étaler devant tout le monde notre soit-disant "talent" ni pour se vanter de notre science tactique de la course. Pas pour prouver. Ni pour gagner ni pour perdre. Juste pour courir. Avec panache. Avec conviction. Avec vertu.

DSC_7392.JPG


Ce que mes petits ados m'ont montré, c'est qu'aujourd'hui encore, à n'importe quel âge, on peut tenter de faire de sa course une oeuvre d'art. Peu importe quantième tu termines...ce qui compte c'est COMMENT tu cours! T'entres dans la course comme d'autres entrent dans la musique, ou d'autres dans la danse. Et puis le morceau se poursuit, tu restes dans le rythme et la mélodie du mouvement t'évoques qui tu es, qui tu as envie d'être, qui tu aimes et qui te fait vibrer. C'est aussi ça, courir.


DSC_7419.jpg

DSC_7424.JPG


Et quand une jeune fille de 13 ans qui a dû arrêter de courir pendant 6 longs mois de douleur revient s'entrainer, remet tout en jeu, se réinvente...jusqu'à se qualifier pour ce championnat, se porter à la hauteur des meilleures francophones, les attaquer un peu et s'envoler dans le dernier tour en faisant trembler de suspens et hurler de passion une horde de potes exaltés qui la voient monter sur le podium...tu sais qu'elle a compris tout ça, que le bronze qu'elle a remporté n'a pas tant d'importance car elle a les jambes pour courir comme Delacroix avait des mains pour peindre, et que son coeur est rempli des couleurs des lettres de la pancarte qui sont pour elle plus fortes encore que ce qu'évoque le célèbre tableau de La Liberté.


DSC_7452.jpg

laliberteguidantlepeuple.jpg


Notre capitaine Célia Fucito a, ainsi, obtenu la médaille de bronze du 800m cadettes dames, dans un nouveau Record Personnel de 2.29.25, lors de la plus belle course de demi-fond de ces championnats selon moi. Personnellement, j'ai éprouvé beaucoup d'émotion pendant ce 800m. L'athlétisme a changé cette fille. Et ici, chez nous, cette fille change ce qu'est l'Athlétisme!

Camille aussi. Nicolas aussi. Antoine aussi. Julian aussi. Baptman aussi. Lenny aussi. Et tous ceux, absents ce jour, qui ont ce feu au ventre quand ils comprennent que c'est l'instinct notre meilleur guide et qu'il n'y a rien de tel que de courir ensemble, au fond.

Ma petite bande m'a fait rêver, du 400 au 1500m, au fil de tous ces tours sur l'anneau bleu de Blaarmeersen, aussi bleu que la lettre W de la plaque artisanale des garçons, brandie fièrement jusqu'au podium.

Camille Philippe m'a fait rêver en premier, concentrée dans ses starts, avant de s'élancer grâcieusement vers un chrono de 63.59, et la 4e place sur 400m, dans une course propre et régulière. Tellement fluide et tellement légère par rapport à ses concurrentes, avec une si belle marge de progression: un chrono qui annonce tant de superbes performances pour l'avenir.


DSC_7492.jpg

DSC_7393.JPG


Julian Jacquemin m'a fait rêver ensuite. Avec sa fougue bien connue et son sens inné de la course. Un 400m intelligent, progressif, sans craquer... et déjà sous la fameuse minute! Rien qu'une barrière qui, quand je le regardais, semblait si simple à ouvrir, le poing serré à l'arrivée pour ce petit défi réussi, la victoire de sa série et les chiffres du chrono; 59.64, et 5e francophone!


DSC_7398.JPG

DSC_7401.JPG

DSC_7502.JPG

Lenny Bovy m'a fait rêver, quand je sais sa volonté de continuer la course quoi qu'il arrive pour accompagner ses amis, même si son destin l'attend au javelot! Il me fait rêver car il a le courage de ses ambitions. Et au diable les réfractaires à la course, car il faut vibrer en plus de lancer!

DSC_7396.JPG


Célia m'a fait rêver je l'ai déjà dit, en gérant son stress et en filant immédiatement aux avant-postes pour dynamiser la course en 32" au premeir 200m, et envoyer au placard ses petits soucis de genou qui la taraudent depuis 2 semaines. Avant de tenir bon jusqu'au dernier tour palpitant où nous retenions notre petit souffle pour la confirmation d'une attitude volontaire.


DSC_7414.JPG

DSC_7430.JPG

DSC_7435.JPG

DSC_7449.JPG

DSC_7460.JPG


Nicolas Joris m'a fait rêver en s'emparant de la tête du peloton pour la 3e place du 1500m à la mi-course, lorsque le rythme a baissé d'un cran, pour relancer le tempo. Il m'a fait rêver jusqu'au bout, même dépassé au sprint et loupant de peu le bronze (!) mais signant un très très bon chrono de 4'45 pour son tout premier 1500m, et la 4e place francophone. Avec tellement de promesses dans ses foulées sans peur!


DSC_7467.JPG

DSC_7470.JPG

Baptiste Huberland m'a fait rêver en imaginant cette plaque et en bricolant tout ça à l'improviste. Et il m'a fait rêver encore un peu plus en bouchant le trou entre les deux pelotons pour accrocher le bon wagon du 1500m, et se démener comme un diable pour signer une 7e place en 4'55, lui aussi son 1er 1500m! Juste avant de parcourir tout le stade avec le capitaine Antoine Delvaux, le VRAI trophée entre leurs mains! Le capitaine Antoine qui lui aussi m'a fait rêver, avec sa petite taille et son grand coeur à la fin du 1500m dont il termine 10e, mais aussi sa folle imagination...! Et qq traces de Ferrero rocher!

DSC_7465.JPG

DSC_7468.JPG

DSC_7476.JPG

DSC_7481.JPG

DSC_7498.JPG


Tous ces rêves, pour dire que le petit CABW Waremme joue tout doucement dans la cour des grands, et ça ne fait sans doute que commencer. Mais que surtout le petit club de Waremme a son authenticité, ses périples et ses principes : let's run/ have fun. Live Your race/ Make the pace. Et qu'aux jeunes, l'avenir leur appartient. Personne ne peut leur enlever ces quatre top-5 francophones et cette médaille de bronze, ces nouveaux records et cette journée sur la piste. Personne ne peut leur enlever cette plaque faite main dans la bonne humeur, ces chants proférés depuis les tribunes. Personne ne peut les arrêter dans leur soif de foulées. Personne ne peut couper le morceau. On est entré dans la danse.


DSC_7513.JPG

00:33 Écrit par Waremme Athletic Team | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook

Commentaires

Bravo à cette équipe! Le sport apporte beaucoup de bienfaits pour la tête et le corps, d'ailleurs on ressent l'enthousiasme des enfants sur les photos!

Écrit par : http://www.fitlane.fr/ | 11 août 2014

Répondre à ce commentaire

Les commentaires sont fermés.